lundi 11 septembre 2017

Côte Belge : Moeder Siska

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(Article déjà publié en 2010)

Moeder Siska s'appelait en réalité Francisca Fincent. Née en 1842 dans une ferme du Oosthoek, elle se marie à l'âge de 18 ans avec un fermier de 36 ans. Le couple a huit enfants en dix ans, et décide d'acheter un moulin pour accroître leurs revenus. Francisca a 30 ans lorsque son mari décède. Elle épouse en deuxièmes noces un meunier avec qui elle aura deux filles, avant de se retrouver à nouveau veuve.

Originaire lui aussi du Oosthoek, Louis De Vos était parti travailler au Texas mais lorsqu'il apprend le décès du deuxième mari de Francisca, il rentre en Belgique, lui propose de l'épouser et de s'occuper du moulin. De son côté, elle ouvre un bistrot où les fermiers du coin boivent un verre en attendant que leur farine soit prête. Dans les années 1880, c'est là que se tiennent certaines ventes publiques des terrains du Zoute à Knokke. Un jour, un notaire est surpris de la voir faire des gaufres sur un fer à cinq coeurs (une idée qu'elle avait vue aux Pays-Bas) et lui demande d'en faire pour la fête d'anniversaire de sa fille.

Petit à petit, Louis et Francisca abandonnent leur moulin pour se consacrer exclusivement à leurs gaufres. De ses trois mariages, elle avait eu 16 enfants dont 10 étaient encore en vie. Les fils cuisaient des gaufres, les filles les servaient. Et comme tous appelaient leur mère Moeder Siska, le nom de l'établissement était tout trouvé. Dans les années qui suivent, Moeder Siska était au bon endroit au bon moment, vu le développement touristique de la côte belge et la construction de grands hôtels à Knokke et au Zoute. Elle décède de la grippe en 1918.

Près d'un siècle plus tard, son arrière-petit-fils Stefan Dossche est le gérant de l'établissement Marie Siska (créé par Marie, l'une des filles de Moeder Siska). Il confie dans le livre "Mon grand-père, ce héros" de Christine Masuy :

"Je suis le dernier descendant de Moeder Siska à tenir un Siska. Et le dernier à détenir la recette des gaufres. Quand j'étais jeune, j'aurais voulu être architecte mais mon père m'a dit : "Ce n'est pas un métier pour toi. Tu vas reprendre Siska". J'ai cependant dû attendre de longues années avant qu'il accepte de me confier la fameuse recette. Il ne l'a fait que peu de temps avant sa mort. J'ai dû promettre de ne jamais la divulguer, et même de ne jamais l'écrire. Un papier peut toujours tomber entre de mauvaises mains... Mais je l'ai déjà transmise à ma fille qui fait de l'école hôtelière. On ne sait jamais ce qui peut m'arriver! Elle apprend à faire de petites quantités de pâte. Moi, je fais 50 litres à la fois, dans ma petite cuisine, à l'abri du regard de mes ouvriers. 50 litres toutes les heures. 7 jours sur 7. 6 mois par an. Parfois, je me dis que si Moeder Siska nous voit de là-haut, elle doit bien rigoler. Parce que c'est dur comme métier. Si ce n'était pas pour Siska, je ne travaillerais jamais dans l'horeca. Mais je suis très attaché à la tradition. J'adore Knokke, j'adore le Zoute. Il y a tant de choses qui ont déjà disparu mais nous, on reste : ma femme, ma fille, moi...et le fantôme de Moeder Siska".

Plus d'infos sur www.siska-marie.com/fr/specialite

21 commentaires:

Micheline a dit…

Moeder Siska ! De merveilleux souvenirs de vacances à la Côte . J'avais cinq, six, puis sept ans et nous y allions en compagnie de la gentille famille de pécheurs qui nous louait une partie de leur grande maison. De magnifiques souvenirs gustatifs mais aussi amicaux.

Merci Vincent pour cet article qui me replonge dans l'enfance !

Cristina a dit…

Une bien belle histoire...
Bonne fin de dimanche,Vincent.

Chantal a dit…

Bonjour Vincent
tien c'est marant, mon gaufrier est le même que l'immage.Des coeurs. Il ne me manque plus que la recette. Dommage.
je me suis reposé un peu et j'ai preis quelques photos que je vais mettrte prochainement sur mon blog. Bisous et bonne fin de journée

Marie-Madeleine a dit…

belle histoire d'une bourgade dont j'ai tellement entendu parler sans jamais y être allée!

Delphine a dit…

Elles sont toujours pareilles, croustillantes et moelleuses... Et puis, les toboggans dans le jardin sont un bonheur et un repos pour les parents venus se reposer... des châteaux de sables...
Merci pour cette évocation bien de chez nous!

Youri a dit…

Quelques souvenirs pâtissiers en effet que vous nous rappelez.
Je crois avoir fréquenté cet établissement pour la première fois vers 1965. Il était assez typique.
Ensuite vinrent les événements où le slogan "walen buiten" était repris en coeur. Certes, chez Siska, on a conservé le sens du commerce: le Francophone qui a fait la fortune familiale n'a pas été mis dehors.
La dernière fois que j'y suis allé, il y a bien 20 ans maintenant, en effet, de commerce l'exploitant semblait déjà avoir viré vers l'industrie.
Buiten aussi l'authenticité qui faisait le charme d'antant.

♠ ♠ ♠ Nancy ♠ ♠ ♠ a dit…

*** Hello Vincent !!! ça sent bon les gaufres par ici ! ;o)))) je te souhaite un très bon début de semaine ! GROS BISOUS à toi et aux tiens ! :o) ***

Monelle a dit…

J'ai lu avec beau d'intérêt cette histoire qui glorifie la transmission du savoir de père/mère en fils ! et je suis sûre que ces gaufres doivent avoir un goût très particulier, les as-tu déjà goutées ???
Bon début de semaine à toi - bisous
Monelle

Florence a dit…

Cher Petit Belge, cet article est très agréable pour la grosse gourmande que je suis ! Les gauffres belges sont les meilleures ! Tu m'as donné faim, mais comme je n'ai pas de gauffres belges, sur quoi vais-je me rabatre ?
L'histoire de cette famille est formidable !!!
Merci pour ton article 601 !
Bonne journée et gros bisous tout poisseux du sucre des gauffres !
Florence

Anonyme a dit…

merci pours l'histoire qui m'était inconnue, bien que tout proche de chez nous
Les petits enfants adore y aller ... impossible de leurs dire non alors
pas moyen de choisir autre chose qu' anonyme,n'importe quel info je remplis pours les autres possibilités

delphi64 a dit…

Je ne connaissais pas ces gaufres mais l'histoire de cette Femme est belle et attachante.
Amicalement.

tanette2 a dit…

Merci pour cette belle histoire. Je ne connais pas les gaufres mais rien que pour le plaisir de les goûter je ferais bien le déplacement tellement tu m'en as donnée envie.
J'étais peu présente sur les blogs ces jours-ci mais je vais essayer de reprendre un peu plus d'assiduité, en tous cas, je ne regrette pas d'ête passée aujourd'hui. Bonne semaine à toi et merci des tes visites.

AUA a dit…

Super "ton" histoire!

J'y allais souvent étant petit et du temps où mes grands-parents possédaient une villa pas loin de là.

Maintenant on n'y va presqu'une fois par an avec les petits qui se régalent.

Elles sont toutes pareille ces gauffres - elles me laissent des moustaches à chaque fois et ma cravate est blanchie mais c'est un vrai délice.
Merci Miam

Carine-LAure Desguin a dit…

Moeder Siska, je ne connais pas ...J'apprécie cependant tout l'amour du travail au sein des entreprises familiales, tout un art de transmission ...

Edmée De Xhavée a dit…

Super intéressant, dis-donc! Savoir que les lieux ont une histoire qui s'est créée autour d'être humains, de coutumes, d'une époque ... c'est magnifique!

Merci!

Latil a dit…

Bonjour Vincent
Dans la famille nous avons connu aussi une Moeder Siska. Aprés la mort de son Mari, elle a vendu son Bistrot pour s instaler sur la cote Belge afin de vendre des matériaux de construction( entre les deux guerres); Elle se disait Veuve de guerre pour attendrir les éventuels clients. Ses affaires furent florissantes, et je me souviens de lui avoir rendu visite en 57 avec mes tantes, elle habitait un bel appartement a Bruxelles et pendant la belle saison elle vivait sur la cote Belge.
Bonne journée Latil

Pierre-Jean a dit…

J'adore ce genre d'histoire, c'était très intéressant, merci!

gootchai a dit…

Qui ne connait pas moeder Siska en belgique?????Maintenant j'en conais l'histoire et quand je me rendrai à la côte je ne manquerai pas d'y passer et d'y penser!!! Bisoussssssssssssss

Harry a dit…

petit belge mais grand flamingant qui se donne des airs de notoriété mais n'est jamais qu'un raciste extrémiste tenant des propos dignes d'un capo nazi!

Harry a dit…

propos du genre : " vous ne savez ce que c'est de travailler; je vais encore augmenter mes prix pour que cette racaille ne puisse plus venir"; etc, de la même veine dans la grande tradition des nasillons flamands.

et Lippens laisse faire;;;

suzanne a dit…

Des souvenirs de mon enfance ...
J'aimais y aller par là :-)